"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d'autre." Paul Eluard


“ L'écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre. ” Jean Rouaud

“ L’écriture est à la fois une façon d’être dans l’humanité et au plus près de l’humain. ” Philippe Claudel

lundi 19 février 2018

Derrière la porte

  L'insaisissable étrangeté




"Il ne faut jamais éclaircir le mystère. De toute façon, un écrivain ne le pourrait pas. Et même s'il cherche à l'éclaircir de manière méticuleuse, il ne fait que le renforcer.L'insaisissable étrangeté
Patrick Modiano


N'ayez pas peur !
Je ne demande pas une dissertation en trois paragraphes sur la citation de Modiano !
Mais simplement d'écrire, à partir de la toile du jour, une histoire un peu, beaucoup, passionnément ...
ONIRIQUE ETRANGEMYSTÉRIEUSE...



C'était une porte à gauche, en haut de l'escalier qui monte au dernier étage d'un hôtel particulier.
Chaque fois que Matt passait devant, il entendait un bruit étrange. Une sorte de sifflement, comme le cri du vent qui s'engouffre dans les branches. Maman lui disait toujours de se presser. Mais lui, petit garçon curieux aurait bien voulu explorer ce lieu magique qui l’intriguait.
Un jour que maman était alitée, elle demanda à Matt de descendre au marché. L'aubaine était trop bonne. C'était l'occasion ou jamais. Matt poussa doucement la porte à droite, en descendant du dernier étage de cet hôtel un peu particulier.
Un long couloir débouchait derrière cette porte. Au bout une autre porte. Matt dont la curiosité s'excitait poussa cette autre porte. Au bout d'un autre long couloir, encore une porte que l'enfant poussa à son tour. Et toujours un couloir avec encore une porte. De porte en porte, Matt déboucha sur une tour qui n' avait pas de fenêtre, mais toujours des portes. Dont l'une ne s'ouvrait pas. C'est celle ci qu'il essaya d'ouvrir en premier. N'y parvenant pas, il décida d'en ouvrir une autre, mais celle là résista. Une autre n'avait pas de serrure, une autre encore céda sous la pression de ses doigts. Derrière, c'était le vide, le nulle part, l'irréel. Pas même un coin de ciel. Matt était perdu, il ne comprenait rien à la situation. Il avait beau chercher, il ne distinguait rien. Il avait beau écouter, il n'entendait rien. Le vide l'effrayait au point de faire demi tour. Mais il n'y avait plus de porte. Plus de mur, plus que le néant. Matt volait dans une espèce d'atmosphère qui ne ressemblait à rien de ce qu'il connaissait. Ce n'était pas le ciel, ce n'était pas l'air qu'il respirait, ni la lumière qui l'éclairait. Il ne sentait plus ses membres, n'éprouvait ni chaud ni froid. Plus il essayait de s'accrocher à des repères, moins il en trouvait. Cette sensation étrange, il ne l’oublierait jamais, mais jamais il ne saurait ce qui était derrière la porte qui était derrière les autres portes qu'il avait poussées.

mercredi 14 février 2018

Saint Valentin

Aujourd'hui c'est la saint Valentin, alors bonne fête à tous.  On est tous amoureux de quelqu'un ou de quelque chose, non ?
Moi par exemple, il y a longtemps que le plaisir d'amour m'a quitté, mais j'aime bien les balades, le soleil, les rivières et les montagnes. C'est pour ça que chaque fois que je le peux, je m'en vais les voir, vu qu'elles ne se déplacent pas. Quand aux rivières, elles, elles courent tout le temps.  Pas facile !
Il suffit de prendre le temps. Demain, je le ferais demain. Aujourd'hui il fait trop froid.


lundi 12 février 2018

La pluie chantera peut être lundi

09 février 2018

De la pluie...

 Pour ce texte, j'ai pris comme titre la phrase de Lakévio (la pluie chantera peut être lundi) car je trouve que c'est un message de vie et d'espoir, car personne ne peut dire en vérité si oui ou non, elle chantera...

Jeff Rowland - Let it rain

Noyés par le ciel, si généreux pour certains, si accablant pour d'autres, j'ose espérer que, malgré tout, vous serez totalement inspirés par la toile de Jeff Rowland...
Texte libre pour reposer les méninges.

La pluie chantera (peut-être) lundi !
     Sur ce quai de gare où tombait la pluie, Elydie plongée dans ses pensées, regardait sans les voir les passant s'engouffrer dans la gueule de la station de métro. Alors que la rame de train s'éloignait, elle restait là, immobile, figée. Il fallait encaisser le coup. Sortant de chez le neurologue, elle avait dû faire bonne figure pour ne pas inquiéter Virginie, sa fille qui l'accompagnait. Elles avaient même pris le temps d'un café. Avant l'heure du train. Puis Virginie était partie. Les enfants à récupérer chez la nourrice, et puis les courses et le souper à préparer. Elle savait tout cela, Elydie. Elle aussi courait tout le temps quand les enfants étaient petits.
     Virginie avait accepté de l'accompagner, mais elle ne pouvait rester longtemps. Pourtant elle aurait eu envie, elle, qu'elles partagent plus de temps. On ne passe jamais assez de temps avec ceux que l'on aime. Le spécialiste l'avait regardé posément. Sans parler. Vous avez détecté un problème, lui dit elle ? Il ne répondit pas. Seulement que les résultats seraient envoyé à son médecin. Bien sûr, elle ne le saurait pas, puisque c'était secret. C'est pourtant bien d'elle qu'il s'agissait. La mort dans l'âme, elle quitta la salle d'examen et rentra chez elle, ne pouvant s'empêcher de penser.

     Et si justement il y avait un problème et que ce soit pour cela, le mutisme du praticien ?  Bah, elle le saurait bien assez tôt, de toutes façons. La peur n'évite pas le danger. Et puis il y avait eu ce courrier, quelques jours plus tard. Elle connaissait le fonctionnement des hôpitaux et les délais pour avoir un rendez vous.
     N'avait elle pas attendu plus d'un an, elle, pour son affaire de cristaux qu'elle ne parvenait pas a éliminer ? Mais aujourd'hui, manifestement, le temps pressait. Comme elle aurait aimé que Virginie soit là pour la réconforter ! Comme elle le faisait avec eux, jadis pour ces égratignures de la vie. Pouvoir lui dire cette angoisse qui la tenaillait, à lui faire mal à en crier. Lui dire qu'elle l'aimait et que le temps pressait à présent. Mais Virginie avait sa vie, son travail, ses enfants. Et puis, elle avait longtemps souhaiter que les siens s'établissent. On ne fait pas sa vie avec ses parents. Que deviendraient-ils quand elle ne serait plus là ? Savoir qu'ils avaient leur cocon bien à eux, la rassurait.
     Mais elle aurait aimé cependant avoir une épaule pour s’épancher. Surtout les jours comme celui ci. Les enfants avec leurs soucis, aux quels elle ne voulait pas en rajouter. Le mari disparu. La famille trop loin, pas toujours si disponible que cela. Les amis qui vous lâchent et qui s'esquivent à la moindre occasion. Et la dernière barrière écroulée depuis longtemps. Que lui restait-il, à elle, aujourd'hui ? Que ses yeux pour pleurer ?
     Pleurer ? Elle ne pleurait pas pourtant. Seule la pluie mouillait son visage. Et puis pourquoi pleurer ? Sa vie avait été une succession de bonheurs, de joies, d'amour entremêlés. Jusqu'à présent elle s'en été mieux sortie que les autres, dans la fratrie. Elle avait eu sa chance et elle l'avait saisie. Elle avait eu le choix. Elle le savait. Traverser les ans et les épreuves, n'est rien quand on est secondé. Puis Robert était parti. Un beau soir comme un coucher de soleil. Le lendemain il pleuvait. C'est sans lui, sans sa main que désormais elle continuait. Refaire sa vie ? Elle n'y avait même pas songé. Elle avait traversé cette épreuve, comme les autres, avec son énergie débordante, que tout le monde lui enviait. Sans se plaindre. A quoi bon ? Les gens ne sont sûr que de ce qu'ils croient savoir, ne cherchant pas au delà des apparences. Passer le seuil de la soixantaine n'est pas toujours une chose aisée. Mais ses petits, ses chers petits étaient attentionnés. Seuls les enfants peuvent comprendre la douleur d'un parent. Virginie se tenait là, présente chaque fois qu'elle pouvait. Ses deux autres enfants Fabien et Gwenoël étaient loin. Mais ils prenaient souvent de leurs nouvelles à Virginie et à elle. Ils devaient venir cet été, pour la période des congés. Mais l'été était encore loin! Et la pluie battante de cette fin de journée n'incitait pas aux projets.
     Cette année devait être, selon ses prévisions, une année neutre. Ni bonne ni mauvaise. Elle avait compté. On était en 2018, c'était un nombre pair. Elle savait depuis longtemps, depuis sa naissance, une année paire,  que dans la famille, ce sont les années impaires qui sont fatales. 1959 : le grand père. 1961 : la grand mère. 1991 : le père. 2011 : la mère. C'était le 17 mars d'une année impaire que Robert s'en est allé. Mais peut on vraiment pronostiquer de quoi demain sera fait ?
     Résonnait en elle ces mots : "On va faire le maximum pour vous tirer d'affaire, mais il y a des choses qui m'inquiètent. Je vais quand même vous prescrire des examens complémentaires, vous irez voir le docteur Smutt, c'est un excellent spécialiste". De cela, elle n'avait rien dit à Virginie. Et là sur ce quai de gare, maintenant qu'elle était seule, elle n'arrêtait pas de tourner dans sa tête toutes ses mauvaises pensées.

     Elle récapitulait tout ce qu'elle n'avait pas eu le temps de faire. Toutes ces choses à terminer. Régler les affaires de famille. Prendre rendez vous avec un notaire pour l'après et que les enfants soient épargnés. Aller à la banque. Rédiger ses dernières volontés. Pourquoi pas ses mémoires ? Le passé est si riche et si précieux. Et terminer le pull qu'elle avait commencé. Aurait-elle le temps ? Combien lui restait - il ? Cela se chiffrait-il en mois ? En semaines ? Verrait-elle grandir ses petits enfants ? Connaitrait -elle le petit dernier ? Et les autres, ils devaient être grands maintenant. Le temps est si vite passé. A peine le temps d'un sourire et c'est déjà demain. Soudain, elle réalisa : on dit toujours qu'une vie remplace une autre vie. L'an dernier, deux nouvelles étaient arrivées et deux s'en étaient allées. En ce début 2018, deux autres étaient annoncées. Pour qui, le chant du départ allait-il sonner ?
Le docteur Smutt n'avait rien dit. Il avait longuement étudié les résultats d'analyse. Demander à l'infirmière son dossier. Avait encore longuement réfléchi. Prenant son temps. Tout son temps. Mais il s'était tenu muet. Et elle, elle était là perdue sur ce quai, maintenant. Son train était parti. Sans elle. Combien d'autres encore, sans elle, partiront ? Et le prochain, celui du bout du quai ? Sera-t-il le dernier pour de bon ?
     La pluie tombait toujours. Elle était trempée à présent. Son chapeau n'avait plus de forme. Mais elle ne sentait pas le froid qui la gagnait. Son visage inondé ne reflétait aucune émotion. Était ce vraiment la pluie qui ruisselait le long de ses membres et de son cou ? Un halo de pale lumière dessinait une auréole à ses pieds. C'était comme un songe. Une sensation étrange qui la happait. Nous étions un lundi et la pluie ne chantait pas.

lundi 5 février 2018

Les lundis de Lakévio : Bon appétit


Bon Appétit !
Mais attention, avant de manger, il faut travailler !...

Sur cette heure délicieuse d'Alfred de Richemont, je vous propose un texte à trous. Il s'agit d'en trouver essentiellement les verbes ( au nombre de  15 ) qui animeront votre histoire. Faites un récit comme il vous sied, humoristique, sombre, scientifique, philosophique, ésotérique, voire érotique !... Bien sûr, vous pouvez étoffer et compléter les phrases mais ne rajoutez pas de verbes.


Xavier et Yvonne venaient souvent à la maison des Durepoils, pour les crêpes, le jour de la chandeleur.
Ils ne participaient guère aux activités de cuisine, ce jour là. 
Pourtant Xavier décida de se mettre aux fourneaux, mais Yvonne, prudente, resta en retrait, tranquillement assise près de lui. 
Tandis qu'il se démenait comme un beau diable, elle lui tendit son assiette mais elle n'absorba qu'une infâme bouillie d'une consistance hasardeuse et immangeable.
Parfois, elle lui demandait des petits plats compliqués, à la maison, alors il confectionnait pour elle des mets sophistiqués. 
Cependant, il..les ratait tout le temps. ; elle offrait alors un pauvre sourire désabusé.
Souvent, ils se disputaient.
Surtout lorsqu'elle exigeait de la qualité et qu'il recommence son plat jusqu'à l'obtention d'un résultat convenable. 
Mais, en fait, ils ne connaissaient rien aux arts culinaires, sauf en tant que convives.

mercredi 31 janvier 2018

Absence notoire



Chères et chers, ami.es., lecteur.rices, passeurs d'amour et de mots,


Drôlement, aujourd'hui, il y a eu une jolie petite synchronicité des gens que j'apprécie, que j'aime, qui m'entourent... J'ai reçu de nombreux messages, mail de personnes qui ont pris de mes nouvelles... Se rendant compte de mon silence actuel. 

Je tiens à préciser que "tout va bien" ! Si ce n'est qu'en ce moment je n'ai pas la liberté d'esprit, et je n'arrive pas non plus à me rendre disponible pour être plus présente pour les autres. 

Je disais dans un ailleurs que je suis actuellement dans une période hyper égocentrée, où j'explore énormément mon histoire pour mieux Être. Dans ces moments-là, je ressens la nécessité de m'isoler, de penser à moi, de m'accorder du temps, beaucoup de temps... De vivre pleinement ma solitude.





Le choix, inconscient, de ne pas partager ce travail intérieur ici n'est certainement pas anodin. 
Je suis une personne qui aime partager, qui aime ressentir que nos énergies circulent. Et en ce moment, je ne suis pas en mesure de le faire circuler cette énergie. Je ne suis pas en mesure de donner, et ne me sentirai pas à l'aise de recevoir. Je préfère donc me retirer un moment, jusqu'à ce que l'envie d'écrire ici vibre à nouveau. 

Je tiens donc à rassurer toutes les personnes qui s'inquiètent de mon absence, que ce silence de ma part est seulement dû à mon besoin de "Retraite" et j'espère revenir bientôt pour reprendre de vos nouvelles. Néanmoins, je tiens à vous dire que j'ai été touchée par votre sollicitude et je tiens à m'excuser d'être partie sur la pointe des pieds, telle une voleuse qui fait ses affaires sans faire de bruit...

Amicalement, 
Ju'Lyn